Presse océan 10 avril 2009
Rencontre du journaliste de Presse Océan avec la présidente de Subiruseke/Retrouve le sourire et des participants à la manifestation organisée à l'espace Cosmopolis à Nantes.
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Ouest France, 31 mars 2009
Article annonçant les manifestations organisées à Nantes, à l'espace Cosmopolis, par l'association Subiruseke/Retrouve le sourire, à l'occasion du 15ème anniversaire du génocide des Tutsi.
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Ouest France, 19 novembre 2007
LE SOURIRE RETROUVE DES RESCAPES DU RWANDA
Malgré les traumatismes, les rescapés du Rwanda peuvent maintenant étudier et se résinsérer. Psychothérapeute à Ancenis (Loire Atlantique), Amélie Schafer a créé, sur les terres de sa famille, une association pour recréer des liens de solidarité entre rescapés du génocide de 1994.
RWAMAGANA (de notre envoyée spéciale). - Jour de rentrée au centre de formation Subiriseke. Les bâtiments de briques claires chauffent déjà au soleil de ce début de matinée. Sous les toits de tôle, on reprend doucement le rythme des formations. Dans l'atelier, les copeaux de bois blancs commencent à s'accumuler dans la pénombre. Sept jeunes, âgés de 15 à 20 ans, manient scie et rabot avec attention. Amélie Schafer s'amuse : « Tout le monde n'est pas là, parce qu'ici, les jours de reprise, c'est grand ménage... Certains préfèrent éviter ça. » Elle continue la visite. « De l'autre côté de la cour, c'est la classe de couture avec 23 élèves. C'est moins que les années passées : les frais de fonctionnement sont trop difficiles à assumer. »
Amélie Schafer, est psychothérapeute à Ancenis (Loire-Atlantique) depuis bientôt sept ans. Mais c'est sur les collines de Rwamagana - une petite ville à l'est de Kigali - qu'elle est née et a grandi. « La maison, juste là, c'est celle de ma famille. » Au pied de la bâtisse, quelques tombes cernées de fleurs. L'association Subiriseke a été fondée en 1995. Au lendemain du génocide. Absente du Rwanda à cette époque, elle y est revenue pour aider les siens. « Le but était surtout d'offrir un soutien moral en permettant aux veuves et aux orphelins de sortir de la solitude et de se retrouver pour des activités communes. »
Redevenir des êtres humains
Une vieille femme au visage creusé de rides vient saluer la fille du pays. Elle se souvient de ce commencement : « On se retrouvait toutes dans le champ et on pleurait. On pleurait et on se lamentait, jusqu'à ce que des rires reviennent au milieu des larmes. Et qu'on se sente redevenir des êtres humains. » C'est le sens et l'essence de l'association. « Subiriseke, explique Amélie. En kinyarwanda, cela signifie « retrouve le sourire. »
Le sourire et l'énergie. Aujourd'hui, l'association s'est consolidée et agrandie. En 2004, le centre de formation et d'accompagnement de Subiriseke ouvrait ses portes. Vannerie, menuiserie, couture... Alors que les rescapés du génocide restent les plus frappés par le chômage dans un pays qui ne les attend plus pour se reconstruire, l'association tente de jouer la carte de la professionnalisation.
C'est ce qu'attendait Clarisse pour retrouver le goût de la vie. À 26 ans, la jeune femme ne doute pas d'avoir, enfin, le droit à un avenir. « J'avais fini mes études primaires avant les événements, raconte-t-elle. Ensuite, je suis restée chez moi, sans rien faire. Je ne savais pas que je pouvais encore apprendre un métier. » Et bien plus. « Ici, on oublie le passé. On arrive à parler et à rire avec les autres. On se sent moins seuls parce qu'on partage les mêmes douleurs. Ici, on devient comme tout le monde. »
Difficultés sociales et financières
Comme tout le monde ou presque. Le centre s'est mis au diapason de la politique de réconciliation nationale engagée par le gouvernement rwandais. Les formations sont ouvertes à tous les orphelins de la région, y compris aux enfants de génocidaires. « Mais on voit bien que les rescapés sont un peu à part, observe Sylvine, secrétaire comptable de l'association. Ce sont des jeunes plus tristes, plus renfermés. Avec des problèmes plus complexes. »
Au traumatisme psychologique s'ajoutent presque toujours les difficultés sociales et financières. En milieu d'année, Jocelyne avait arrêté de marcher 20 km par jour pour venir suivre ses cours de couture.
Comme pour tous les rescapés, les frais de scolarité de 5 000 francs rwandais (7 euros) lui sont payés par l'association. Mais impossible pour elle de trouver l'argent nécessaire à l'achat de son uniforme bleu. En puisant dans ses réserves, Subiriseke lui a fourni la chemise obligatoire. « Au Rwanda, la tradition veut qu'en cas de problèmes financiers, on puisse demander de l'aide à un proche, raconte Amélie Schafer. Mais, pour ces jeunes, il n'y a plus ni parents ni famille pour les soutenir matériellement. »
L'association pallie souvent le déficit. « Pour chaque élève, la formation coûte entre 50 000 et 65 000 francs rwandais, calcule Jean Bosco, le trésorier de l'association. Entre 70 et 90 euros. Plus qu'un salaire moyen, ici. » Malgré la vente des réalisations des étudiants sur les marchés de la région, l'association doit se contenter du minimum pour ses formations. Pas de machines pour la menuiserie. Pas d'électricité non plus, pour les faire fonctionner. « Dès le départ, nous ne voulions pas nous focaliser sur l'argent mais sur le lien humain, reprend Amélie. Quand on a créé un lien solide, on peut chercher une aide matérielle. »
C'est en France que cette quête financière se fait. « J'ai créé une seconde branche de l'association, dans mon autre ville, à Ancenis, poursuit Amélie. Histoire de faire connaître notre travail là-bas. Histoire, aussi, de faire en sorte que notre histoire ne s'oublie pas. »
Tiphaine RÉTO.
Ouest France, 19 novembre 2007
AU RWANDA, LA RECONSTRUCTION APRES L'HORREUR
11 ans après le génocide de 1994, le groupe de Châteaubriant revient sur ces événements tragiques en invitant le jeudi 10 novembre Amélie Schafer Mutarabayire, présidente de l'association Subira Useke, « Retrouve le sourire ».
En 1994, le Rwanda, petit pays de l'Afrique des Grands Lacs, était la proie d'un effroyable génocide. 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont été assassinés. En juin, le groupe local d'Amnesty International s'était associé à Atlantic ciné pour la projection du film « Hotel Rwanda », qui rappelait ces événements.
Quelque 11 ans après, qu'en est-il des survivants ? Pour faire connaître leur situation, le groupe Amnesty de Châteaubriant invite Amélie Schafer Mutarabayire, présidente de l'association Subira Useke et psychothérapeute.
D'origine rwandaise, cette habitante de Loire-Atlantique a perdu une grande partie de sa famille en 1994. Accompagnée de Catherine Degrange, historienne, elle présentera son association créée dès 1995 dans l'est du Rwanda.
Née dans un pays aux structures ravagées, l'association a d'abord voulu apporter une aide d'urgence aux orphelins et veuves du génocide. Pour cela, elle a mis en place une organisation de type coopératif, qui a permis aux veuves de se soutenir mutuellement tout en travaillant ensemble.
Cette structure s'autofinance depuis quatre ans. En janvier 2004, Subira Useke s'est dotée d'un centre de formation pour 50 jeunes proposant, entre autres, de la coupe couture et de la menuiserie. Soutenue par différents donateurs, l'association reçoit l'aide du conseil général de Loire-Atlantique.
Actuellement, Subira Useke se préoccupe de l'accompagnement psychologique des jeunes rescapés, qui subissent toujours les séquelles du traumatisme connu dans leur petite enfance.
Ouest France, 5 novembre 2005
SUBIRA USEKE POUR RETROUVER LE SOURIRE
Personne n'a pu oublier les terribles images du génocide rwandais perpétré en 1994. Amélie Schafer, née au Rwanda et psychothérapeute à Ancenis, a créé une association, Subira Useke. Son prochain objectif : la création de lieux d'écoute pour aider les jeunes adultes victimes des traumatismes spécifiques du génocide.
« Nous avons besoin de conseillers ! » C'est le cri des enfants rwandais, victimes du génocide. Beaucoup d'entre eux n'avaient que quelques années quand les hostilités ont débuté. Amélie Schafer, originaire du Rwanda, a entendu leur demande. Psychothérapeute à Ancenis, elle connaît la valeur des mots. Elle est allée au-delà. Avec la compréhension que lui permet sa double culture.
« En Afrique, on se confie beaucoup à sa mère, à une tante ou à un oncle. Au Rwanda, la cellule familiale a été décimée par la guerre. Il ne reste plus personne avec qui échanger. Pas un aîné qui puisse expliquer ce qui est bon ou mauvais. » Une situation qui génère d'énormes difficultés à se projeter dans l'avenir. Il n'existe plus de repères. Toutes les valeurs de base sont à recréer.
Amélie Schafer a créé une association, Subira Useke (Retrouve le sourire en français) il y a tout juste dix ans. À l'origine, elle avait pour but d'aider les orphelins et les veuves, abandonnés dans le plus total dénuement. Outre la création de coopératives, l'association a également créé un centre de formation pour les jeunes. Ils y apprennent la couture, la teinture des tissus ou encore la menuiserie.
Le prochain objectif de Subira Useke est de créer des lieux d'écoute pour ces enfants coupés de leurs racines, qui vivent souvent à côté de leurs bourreaux. « J'étais au Rwanda en août dernier. J'ai constaté que ces jeunes, âgés aujourd'hui de 15 à 25 ans, manquent de soutien psychologique. »
Certains, reconnus comme malades, sont soignés à l'hôpital psychiatrique de Kigali. Pour les autres, ceux qui se taisent faute de ne pouvoir être entendus, il n'existe rien.
« Des enseignants, des assistantes sociales, des infirmiers se sont porté volontaires pour suivre une formation d'écoutant. Ils nous ont même proposé des salles dans les écoles, les centres de soins. Mais le problème, c'est de constituer une équipe de formateurs. » Amélie Schaffer a déjà contacté des spécialistes qui ont travaillé avec des victimes de la Shoah : « Les traumatismes d'un génocide sont particuliers » Elle lance donc un appel aux psychologues ou aux psychothérapeutes qui connaissent la culture africaine.
« Il est essentiel que ces jeunes rescapés qui souffrent de séquelles spécifiques au génocide soient pris en charge. Faute de quoi, ils continueront à se vivre comme des morts debout. »
Rosanne NOURRY-BOUVIER.
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